Les missions menées par l’INSAF à l’intérieur du pays suscitent un intérêt légitime. Elles constituent une étape clé d’écoute, de proximité et de mobilisation autour du projet porté par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Cependant, les images reçues de certaines étapes de ces missions posent une question majeure: la représentation des femmes, des jeunes et des membres des différentes composantes sociales, notamment les Hartani, est-elle réellement à la hauteur des engagements affichés par le Président?
Le constat est préoccupant. Selon le programme présidentiel, la jeunesse doit constituer « le volet le plus important », afin de répondre à ses aspirations et de lui permettre de contribuer pleinement à la croissance et au développement du pays. Or, elle semble encore insuffisamment présente dans les espaces de responsabilité et de représentation politique.
Il en va de même pour les femmes. Le programme présidentiel insiste sur leur autonomisation pour qu’elles puissent assumer pleinement des rôles de leadership économique, social et politique.
L’inclusion ne doit pas être symbolique
La question de la représentation des Hartani mérite une attention particulière. L’inclusion ne peut pas se limiter à des gestes protocolaires ou à des mises en scène photographiques.
Il serait regrettable que, dans certaines localités, « la nouveauté » consiste à voir chaque responsable prendre systématiquement une photo aux côtés d’un Hartani, homme ou femme, afin de démontrer une ouverture artificielle. Une telle pratique pourrait au contraire renforcer la stigmatisation qu’elle prétend combattre.
Un citoyen Hartani ne doit pas être présenté comme le symbole d’une composante sociale exhibée pour donner une image d’inclusion. Il doit être considéré d’abord comme un citoyen à part entière, jouissant des mêmes droits, de la même dignité et de la même légitimité à occuper des responsabilités.
Tel est l’esprit de la vision présidentielle: bâtir une société « égalitaire, respectueuse de sa diversité », capable de préserver l’harmonie et la cohésion nationale.
De la photographie à la responsabilité
Les missions de l’INSAF gagneraient à aller au-delà de la mobilisation politique et de la communication.
Il faut accorder une place réelle aux jeunes, aux femmes et aux Hratines dans les délégations, les rencontres et les prises de parole, mais surtout dans les mécanismes de décision.
Une inclusion authentique ne se photographie pas: elle se pratique.
Elle se mesure à la place donnée aux jeunes dans les responsabilités, à la participation effective des femmes, à l’accès des Hratines aux fonctions politiques et administratives, et à la capacité de toutes les composantes de la société à se reconnaître dans les institutions et dans le projet national.
Le Président de la République a placé l’unité nationale, la cohésion sociale et l’égalité au cœur de sa vision. Le programme gouvernemental prévoit notamment d’éliminer les mentalités et les stéréotypes rétrogrades et de traduire les principes de cohésion nationale en actions concrètes.
Il appartient désormais aux responsables politiques et aux structures du parti de faire en sorte que cette vision ne demeure pas une simple orientation présidentielle, mais soit visible dans la composition des missions, dans les pratiques et dans les choix.
La Mauritanie de demain ne peut se construire sans sa jeunesse, sans ses femmes et sans la pleine participation de toutes ses composantes sociales.
L’inclusion n’est pas une faveur: c’est une exigence de justice, de citoyenneté et de cohésion nationale.
Mohamed BNEIJARA