Dans un contexte marqué par des tensions sociales, économiques et identitaires susceptibles d’être instrumentalisées, il est essentiel de rappeler une règle fondamentale : le gouvernement doit rester au-dessus des querelles. Sa mission n’est pas de céder aux pressions de certains groupes, mais de représenter avec dignité, équité et fermeté l’intérêt général.
Notre devise nationale — Honneur, Fraternité, Justice — ne doit pas rester un simple slogan, mais guider concrètement l’action publique.
Honneur d’abord. L’État doit agir avec dignité, impartialité et responsabilité. Il ne doit pas se laisser entraîner dans des logiques d’instrumentalisation ethnique ou économique. Les identités communautaires ne doivent jamais devenir des outils politiques au service d’intérêts étroits.
Fraternité ensuite. Notre diversité constitue une richesse qui doit nous unir, et non nous diviser. La mission de l’État est d’assurer la cohésion nationale en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté, qu’il s’agisse des plus démunis ou des plus vulnérables. Gouverner, c’est rassembler.
Justice enfin. Elle constitue le socle de tout État de droit. Cela implique une justice indépendante, dotée de moyens suffisants — infrastructures modernes, équipements adaptés, conditions de travail respectueuses pour les magistrats. Une justice faible ou dépendante fragilise l’ensemble de la nation.
Dans cette optique, les institutions publiques doivent aussi refléter la dignité de la République. Leur fonctionnement ne peut se poursuivre dans des conditions précaires ou avec des budgets dérisoires. Leur crédibilité et leur autorité en dépendent.
L’État joue également un rôle régulateur. Le secteur privé, essentiel à la création d’emplois et à la croissance, doit être encadré pour éviter les déséquilibres. Les monopoles, notamment dans des secteurs stratégiques comme le ciment, pénalisent directement les plus modestes. Une régulation équilibrée garantit un accès équitable aux biens essentiels.
Les politiques d’investissement doivent profiter à tous. Par exemple, dans l’agriculture, les coopératives féminines doivent avoir un accès équitable aux financements, tout comme les grandes entreprises. Sans cette équité, le développement durable en pâtit.
Enfin, les services publics doivent rester centrés sur leur mission fondamentale : servir les citoyens. Ils ne doivent en aucun cas devenir des structures défendant des intérêts internes au détriment de la qualité du service.
Gouverner, c’est faire des choix justes, protéger les plus faibles et maintenir un équilibre entre les forces en présence. C’est aussi refuser les dérives et préserver l’intérêt général.
Comme le rappelait Franklin D. Roosevelt :
« Gouverner, c’est maintenir les balances de la justice équilibrées pour tous. »
Face aux défis, cette exigence doit orienter chaque décision publique. Sans honneur, fraternité et justice, il ne peut y avoir ni stabilité, ni progrès, ni confiance durable entre l’État et ses citoyens.
Mohamed BNEIJARA