Nouakchott, 29 avril 2026 – Pendant deux jours, les 28 et 29 avril, le Ministère des Affaires Économiques et du Développement (MAED) a abrité un atelier national d’envergure consacré à l’opérationnalisation du nouveau dispositif de gouvernance des systèmes alimentaires. Cette rencontre, qui a réuni administrations publiques, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et acteurs du secteur privé, marque une étape décisive dans la traduction concrète des engagements du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
À travers le Décret n°2026-04 du 13 janvier 2026, les autorités mauritaniennes ont posé les bases d’une réforme structurante avec la création du Cadre de Coordination, de Planification et de Suivi de la Feuille de Route pour la transformation des systèmes alimentaires (CCPSFR). Ce cadre incarne une volonté politique claire : passer d’approches fragmentées à une action publique cohérente, intégrée et orientée vers des résultats tangibles pour les populations, notamment les plus vulnérables.
Face aux défis persistants – insécurité alimentaire, malnutrition, vulnérabilité aux chocs climatiques et économiques – le Gouvernement entend désormais agir avec plus de rigueur, de coordination et d’impact. Le CCPSFR se positionne ainsi comme un levier stratégique pour piloter des réformes ambitieuses, renforcer l’efficacité des interventions et garantir une meilleure utilisation des ressources nationales et des appuis extérieurs.
Les travaux de l’atelier ont permis d’aller au-delà des textes pour définir les modalités pratiques de mise en œuvre. Les participants ont unanimement souligné que la réussite de cette transformation repose sur une mobilisation collective et une responsabilité partagée. L’accent a été mis sur la complémentarité des actions entre les différents secteurs – agriculture, élevage, santé, nutrition, environnement, protection sociale – afin d’apporter des réponses globales et durables aux besoins des populations.
Dans cette dynamique, trois groupes thématiques de résultats ont été officiellement mis en place, directement alignés sur les priorités nationales :
- garantir à tous les Mauritaniens un accès équitable à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante, tout en promouvant des habitudes de consommation durables ;
- transformer les systèmes de production pour les rendre plus respectueux de l’environnement, tout en renforçant la résilience des communautés face aux crises et aux chocs ;
- améliorer durablement les moyens de subsistance, en particulier pour les femmes et les jeunes, afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités.
Ces groupes constituent le cœur opérationnel de la réforme et seront coordonnés par la Direction Générale des Stratégies et Politiques de Développement, garantissant ainsi un ancrage institutionnel fort et une cohérence avec les priorités nationales de développement.
Dans un souci d’efficacité et de redevabilité, une cellule de suivi-évaluation sera mise en place au sein de la Direction Générale des Statistiques et des Politiques de Développement. Dotée de moyens adaptés, elle assurera le pilotage, le suivi des progrès et la production de données fiables pour éclairer la prise de décision et ajuster les interventions en temps réel.
Le soutien des partenaires des Nations Unies – notamment l’UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et la FAO – vient renforcer cette dynamique, en apportant expertise technique et appui financier. Toutefois, les autorités ont clairement réaffirmé que le leadership de cette transformation reste national, avec une ambition forte : apporter des solutions concrètes, visibles et durables aux problèmes quotidiens des populations.
Au-delà des engagements, cet atelier traduit une détermination politique à agir autrement : mieux coordonner, mieux cibler, et surtout produire des résultats mesurables sur le terrain. Il s’agit de garantir à chaque citoyen, où qu’il se trouve, le droit fondamental à une alimentation adéquate et à une vie digne.
En structurant ainsi la gouvernance des systèmes alimentaires, la Mauritanie envoie un signal fort : celui d’un État qui assume pleinement son rôle de régulateur, de protecteur et de moteur du développement, avec au cœur de son action la sécurité alimentaire, la nutrition et le bien-être de ses populations.
Mohamed BNEIJARA