Kiffa, 14 juillet 2026 – Les travaux de l’atelier national de capitalisation sur l’approche territoriale du Programme PROGRES, organisé les 13 et 14 juillet à Kiffa, se sont concluts par un consensus fort parmi les représentants de l’État, les collectivités territoriales, les bénéficiaires, les acteurs locaux, ainsi que l’équipe du FIDA et son représentant en Mauritanie. Tous ont unanimement reconnu la pertinence de cette démarche, portée par le Fonds international de développement agricole (FIDA) en partenariat avec le Gouvernement mauritanien, comme un modèle innovant pour un développement local durable.

Ouvrant l’événement, le Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a permis de revenir sur plus de vingt ans d’intervention du FIDA en Mauritanie, depuis le Programme d’Amélioration des Systèmes de Production (PASK) jusqu’à l’actuel Programme PROGRES. Les échanges ont souligné une évolution progressive vers une approche territoriale intégrée, mettant les populations au centre des décisions et des investissements.

Durant ces deux journées, les participants ont analysé les acquis, les enseignements et les innovations ayant permis de renforcer la gouvernance locale et d’accroître les capacités des communautés rurales. Ils ont insisté sur le fait que la réussite de cette approche repose principalement sur une démarche participative, inclusive et transparente, où les populations deviennent pleinement actrices de leur propre développement.

Une innovation clé mise en avant concerne la gouvernance locale. Les comités villageois, constitués et formés selon des procédures rigoureuses, disposent désormais des compétences nécessaires pour gérer les marchés communautaires dans le respect des règles de gestion des projets. Soutenus par des comités de gestion autonomes, responsables et formés, ils garantissent la réalisation efficace, transparente et responsable des investissements.

Les participants ont également salué l’institutionnalisation progressive de cette gouvernance, notamment par l’implication accrue des communes, ce qui favorise la pérennité des acquis. Cette articulation entre organisations communautaires et collectivités territoriales renforce la responsabilité locale et facilite un développement mieux coordonné.

Une autre innovation essentielle soulignée concerne l’organisation des interventions à l’échelle de grappes de villages. Cette dynamique territoriale favorise la mutualisation des ressources, le développement d’infrastructures communes, l’accès aux marchés et l’émergence d’une économie locale dynamique. Les producteurs, notamment les femmes et les jeunes, ainsi que les organisations communautaires, développent des initiatives génératrices de revenus autour de chaînes de valeur porteuses, tout en améliorant la sécurité alimentaire, la nutrition, la santé et le développement humain.

Les débats ont également mis en lumière la mobilisation des services techniques de l’État — notamment ceux de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, de l’hydraulique, de la santé et du développement local — qui jouent un rôle crucial dans les diagnostics territoriaux, la planification et l’accompagnement des communautés. Leur implication témoigne d’un progrès vers un leadership public plus affirmé, capable d’assurer la cohérence des politiques publiques à l’échelle locale.

Les participants ont souligné que les principes de gouvernance, de transparence, d’inclusion, de coordination intersectorielle et de participation citoyenne mis en œuvre par PROGRES constituent aujourd’hui une référence en matière de développement territorial en Mauritanie.

À l’issue de l’atelier, un consensus s’est dégagé sur la nécessité de généraliser cette approche à l’ensemble des territoires du pays. Elle répondrait efficacement aux défis du développement rural, du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la création d’emplois, tout en renforçant la résilience des communautés.

Cet atelier de Kiffa marque une étape cruciale dans la réflexion nationale sur les politiques de développement territorial. En démontrant que, lorsque les populations sont responsabilisées, organisées et accompagnées par les institutions publiques, elles peuvent conduire elles-mêmes leur développement de façon durable, le Programme PROGRES apparaît comme un modèle à étendre. La mise à l’échelle de cette démarche devient une priorité pour bâtir une Mauritanie plus inclusive, résiliente et prospère.

Au-delà des résultats déjà obtenus, les participants ont souligné que cette approche territoriale constitue désormais une référence pour les interventions de développement en Mauritanie. Ils encouragent les partenaires techniques et financiers, les agences de coopération, les ONG nationales et internationales ainsi que les programmes publics à harmoniser leurs méthodes d’intervention avec celles du FIDA. En privilégiant une planification participative, des investissements intégrés au niveau des territoires, une gouvernance locale renforcée et une coordination étroite avec les institutions publiques, tous les acteurs pourraient maximiser l’impact de leurs actions, éviter la dispersion des ressources et assurer la durabilité des investissements. Une telle synergie contribuerait à construire un modèle de développement plus cohérent, plus efficace et mieux adapté aux réalités spécifiques des territoires mauritaniens.

Oumar BA

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