L’accès aux soins de santé est une préoccupation quotidienne pour les Mauritaniens. Notre pays dispose de trois institutions intervenant dans le domaine de la couverture maladie : la CNSS, la CNAM et la CNASS. Chacune a ses missions, ses assurés et ses contraintes. Mais une question mérite d’être posée : ne serait-il pas temps de mieux réguler et coordonner ces trois assurances afin qu’elles puissent peser davantage sur la qualité des services offerts par les structures de santé ?
Aujourd’hui, la question ne se limite pas au nombre de personnes couvertes ou aux moyens financiers mobilisés. Elle concerne aussi la qualité de l’offre de soins, l’accueil des patients, la disponibilité des médicaments, les équipements, les délais de prise en charge et le respect des droits des assurés.
Les organismes d’assurance maladie jouent un rôle essentiel dans le financement des soins. À ce titre, ils ne devraient pas être considérés uniquement comme des structures qui remboursent ou financent des prestations. Ils doivent également pouvoir contribuer à l’amélioration de la qualité des services pour lesquels ils mobilisent des ressources.
Or, lorsque les institutions agissent séparément, leur capacité à défendre collectivement les intérêts des assurés peut rester limitée. Une meilleure coordination de la CNSS, de la CNAM et de la CNASS permettrait de mutualiser les constats, de rapprocher les exigences de qualité et de renforcer le dialogue avec le ministère de la Santé et les établissements sanitaires.
L’objectif ne serait pas de créer un conflit avec le ministère de la Santé, mais d’instaurer un véritable partenariat fondé sur la responsabilité de chaque acteur. Les assurances doivent pouvoir faire entendre la voix de leurs assurés, demander des comptes sur la qualité des prestations financées et contribuer à la définition de normes plus exigeantes pour les structures sanitaires.
Le gouvernement a donc un rôle important à jouer pour organiser cette complémentarité. Une concertation régulière entre les trois assurances, le ministère de la Santé, les prestataires de soins et les représentants des usagers pourrait permettre de suivre des indicateurs communs de qualité, d’identifier les insuffisances et de rechercher des solutions concrètes.
Cette réflexion doit également intégrer la situation des populations les plus pauvres, qui sont souvent les premières victimes des insuffisances de l’offre de soins. Une couverture maladie, même financée par la solidarité nationale, perd une grande partie de sa valeur lorsque le patient ne trouve pas les services dont il a besoin.
La véritable question est donc la suivante : comment faire en sorte que les ressources mobilisées par les assurances maladie contribuent non seulement à financer les soins, mais aussi à améliorer leur qualité ?
La CNSS, la CNAM et la CNASS, mieux coordonnées et soutenues par un cadre de régulation adapté, pourraient constituer une force de dialogue et de proposition capable d’encourager des améliorations concrètes du système de santé.
Le débat mérite d’être ouvert. Car protéger les Mauritaniens contre les risques financiers liés à la maladie est indispensable, mais leur garantir des soins accessibles et de qualité l’est tout autant.
Mohamed BNEIJARA