« Quelle Mauritanie voulons-nous ?
La question n’est pas nouvelle. Elle appartient à notre histoire politique. Elle a été posée par le père fondateur de la République, Mokhtar Ould Daddah. Des décennies plus tard, elle a été remise au centre du débat à Atar par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Mais aujourd’hui, cette question ne peut plus rester au stade des discours. Elle doit trouver sa réponse dans la réalité quotidienne des Mauritaniens.
La Mauritanie que nous voulons est d’abord une Mauritanie dans laquelle chaque Mauritanien est fier d’être Mauritanien. Une République juste, où la dignité humaine, l’égalité devant la loi, les libertés et le respect des droits ne sont pas de simples principes constitutionnels, mais des réalités vécues.
Nous voulons une Mauritanie qui assume pleinement sa diversité culturelle, linguistique et sociale. Une diversité qui ne divise pas la Nation, mais qui constitue l’une de ses plus grandes richesses.
Nous voulons un État qui soit réellement au service du citoyen. Un État qui protège, qui écoute, qui rend justice et qui respecte les libertés publiques. Une Mauritanie où nul ne doit être emprisonné pour une opinion exprimée pacifiquement.
Nous voulons surtout que l’administration cesse d’être perçue comme un obstacle et redevienne ce qu’elle devrait toujours être : un instrument au service de la population.
Un fonctionnaire doit servir. Un responsable public doit rendre compte. Un projet public doit produire des résultats. Une route doit être construite pour durer. Une école doit être fonctionnelle. Un centre de santé doit soigner. Une infrastructure doit répondre à un besoin réel.
L’argent public ne doit pas financer l’à-peu-près.
La Mauritanie que nous voulons est une Mauritanie où les projets sont préparés sérieusement, exécutés avec rigueur et contrôlés jusqu’à leur achèvement. Une Mauritanie où la qualité des travaux compte autant que l’annonce de leur lancement.
Nous voulons une République où la gabegie, le favoritisme, le clientélisme et le communautarisme n’ont pas leur place.
Le pays ne peut pas avancer durablement si la compétence est remplacée par la proximité, si le mérite est remplacé par les réseaux et si l’intérêt général est sacrifié aux intérêts particuliers.
Nous voulons également une Mauritanie qui cesse de regarder sa jeunesse uniquement comme une catégorie à assister.
Notre jeunesse doit être considérée comme une force productive de la Nation.
Un jeune qui termine ses études doit pouvoir trouver une passerelle vers la vie professionnelle : stage rémunéré, formation pratique, premier emploi, entrepreneuriat, service civique ou engagement dans les programmes nationaux de développement.
Il faut donner à cette jeunesse une chance de servir son pays, mais aussi une raison de croire en son avenir.
Et cela suppose également une justice fiscale réelle.
Toutes les entreprises, banques et institutions économiques doivent contribuer, conformément à la loi, au financement de l’État. Mais la responsabilité de l’État ne s’arrête pas à la collecte : elle commence aussi par une redistribution transparente, équitable et efficace des ressources publiques.
Le citoyen accepte plus facilement de contribuer lorsqu’il voit où va son argent et lorsque les services publics répondent effectivement à ses besoins.
Voilà la Mauritanie que nous voulons.
Pas une Mauritanie de slogans.
Pas une Mauritanie de cérémonies.
Pas une Mauritanie de statistiques sans impact sur la vie des citoyens.
Nous voulons une Mauritanie du travail, de la responsabilité et des résultats.
Mohamed BNEIJARA