La Mauritanie : moins de folklore, plus d’action et de résultats. L’avenir d’une nation ne se célèbre pas seulement : il se prépare et se construit. Dans une société où les cérémonies, les discours et les démonstrations publiques peuvent occuper une place importante, il est utile de rappeler une vérité simple: aucune nation ne peut construire durablement son avenir sans travail, sans discipline, sans vision et sans résultats. La fable de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi, demeure d’actualité. La Cigale chante l’été; la Fourmi travaille et prépare l’avenir. Au‑delà de sa morale traditionnelle, cette fable nous invite à réfléchir à notre rapport au temps, à la responsabilité et à la préparation de demain. Une ambition nationale qui doit devenir réalité. La Mauritanie dispose aujourd’hui d’atouts considérables: ressources naturelles importantes, position géographique stratégique, jeunesse nombreuse, compétences nationales et potentiel dans l’agriculture, l’élevage, la pêche, les mines, les énergies, le numérique et les services. Mais les potentialités ne suffisent pas. Une richesse naît de la transformation et de la valorisation des ressources; une jeunesse devient force de changement lorsqu’elle bénéficie d’éducation, d’emploi et d’opportunités; une ambition nationale se traduit par des politiques publiques, des investissements et des résultats concrets. C’est dans cet esprit que les orientations et les ambitions du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani doivent être accompagnées d’une mobilisation collective pour le travail et la performance. Passer de la célébration à la réalisation. Il ne s’agit pas de renier nos traditions ou nos moments de convivialité, qui font partie de notre identité. Il s’agit d’en trouver le juste équilibre. Célébrons nos réussites, mais mettons davantage d’énergie à en créer de nouvelles. Notre pays a besoin de moins de réunions sans suites et de plus de projets réalisés; de moins de promesses et de plus de résultats; de moins de recherche de visibilité et de plus d’efficacité. Cette exigence concerne tout le monde: responsables publics, élus, partis politiques, privé, société civile, intellectuels, jeunes et citoyens. Le développement est une responsabilité collective. Le véritable patriotisme : produire et construire. Le patriotisme ne se mesure pas uniquement à nos discours sur la nation; il se mesure aussi à ce que chacun apporte concrètement. Un fonctionnaire qui remplit sa mission avec rigueur. Un enseignant qui transmet le savoir. Un agriculteur qui produit. Un éleveur qui valorise son métier. Un entrepreneur qui crée des emplois. Un jeune qui se forme et entreprend. Un élu qui travaille pour sa collectivité. Une association qui répond utilement aux besoins des populations. C’est ainsi que se bâtit une nation. La Mauritanie ne manque pas seulement de ressources; elle doit surtout renforcer sa capacité à transformer ces ressources en développement, ses ambitions en politiques, et ses politiques en résultats. Préparer dès aujourd’hui la Mauritanie de demain. La leçon de La Fontaine demeure pertinente: l’avenir appartient à ceux qui le préparent. Il nous faut regarder au‑delà de l’immédiateté, des apparences et des applaudissements. Notre responsabilité est de préparer une Mauritanie plus productive, plus compétitive, plus juste et davantage capable d’offrir des perspectives à sa jeunesse. L’enjeu n’est pas de savoir qui parle le plus, qui organise le plus de cérémonies ou qui reçoit le plus d’applaudissements. L’enjeu est de savoir qui travaille le plus pour faire avancer le pays. La Mauritanie est appelée à entrer dans une nouvelle étape: celle du travail, de la production, de la compétence, de l’innovation et des résultats. Moins de folklore, plus d’action. Moins de paroles, plus de réalisations. Moins d’apparence, plus de performance. Plus de travail, plus d’ambition, pour une Mauritanie plus forte. Car au fond, l’avenir de notre pays ne se fête pas seulement: il se construit, jour après jour, par le travail de chacun.
Mohamed BNEIJARA