Sélibaby est confrontée, depuis trois jours, à une grave crise d’approvisionnement en eau potable. Cette situation alarmante se produit alors que les températures estivales commencent à grimper, exacerbant les difficultés des habitants. La pénurie persistante met en exergue les défaillances du réseau de distribution d’eau, suscitant une indignation croissante parmi la population. Pour beaucoup, l’accès à cette ressource vitale devient un luxe inabordable, forçant certains à parcourir de longues distances pour se procurer une eau de qualité douteuse, augmentant ainsi les risques de maladies hydriques. Les autorités doivent agir rapidement pour remédier à cette crise qui touche le quotidien de nombreux citoyens.

Depuis que Sélibaby s’appuie sur la localité de Gouraye pour son approvisionnement en eau, la situation ne cesse de se détériorer. Cette dépendance à une unique source d’approvisionnement expose la ville à des coupures régulières, sans qu’aucun plan de secours ne soit en place pour faire face à ces interruptions. Les puits locaux, autrefois considérés comme une alternative, ont été progressivement abandonnés et ensevelis, privant ainsi la population d’une ressource essentielle en cas de crise. Aujourd’hui, face à cette rupture d’approvisionnement, certains habitants n’ont d’autre choix que de recourir aux eaux stagnantes des oueds, une pratique périlleuse qui entraîne des risques sanitaires considérables. Ce manque de solutions de secours illustre une absence manifeste de planification et de prévoyance de la part des autorités compétentes, mettant les citoyens dans une situation de grande vulnérabilité.

La Société Nationale des Eaux (SNDE), chargée de la production et de la distribution de l’eau en milieu urbain, semble plus préoccupée par la facturation que par l’amélioration de ses services. Entre les fuites d’eau, les fraudes et l’absence d’un plan d’urgence en cas de panne, les infrastructures actuelles semblent largement inadaptées aux besoins de la population. Les interventions techniques, lorsqu’elles ont lieu, sont orchestrées depuis Nouakchott, ce qui prolonge les délais d’intervention et aggrave la situation. Cette gestion centralisée, à la fois inefficace et peu réactive, empêche une résolution rapide des problèmes rencontrés à l’échelon local.

Malgré les multiples directives présidentielles visant à améliorer la qualité des services publics, la SNDE peine à assurer un accès constant à l’eau potable. La circulaire n° 01/2022 du 24 mars 2022 stipule que la SNDE doit mettre en œuvre des mesures pour faciliter l’accès à ses services, mais cela est entravé principalement par la contrainte de la disponibilité de l’eau, dont elle détient le monopole. De plus, aucune solution alternative, comme la distribution d’eau en bouteille, couramment pratiquée dans d’autres pays lors de coupures, ou l’installation de points d’eau temporaires, n’a été envisagée à Sélibaby. Cette absence de prévoyance souligne une carence dans la gestion des crises ainsi qu’un manque flagrant de volonté politique pour améliorer les conditions de vie des citoyens, témoignant d’un mépris pour une population qui n’aspire qu’à faire valoir son droit à un accès à l’eau, garanti par le droit international.

Pendant ce temps, d’autres villes telles que Bakel au Sénégal et Khayes au Mali bénéficient d’un approvisionnement en eau beaucoup plus fiable. Pourquoi nos voisins parviennent-ils à bien approvisionner leurs villes tandis que Sélibaby est laissée pour compte ? Cette inégalité de traitement suscite incompréhension et colère parmi les habitants. La situation de Sélibaby met en lumière une disparité flagrante dans la gestion des ressources en eau, révélant soit une incompétence, soit un laisser-aller. Alors que certaines localités des pays voisins disposent de réseaux d’approvisionnement modernes et efficaces, Sélibaby, qui est le chef-lieu de l’une des régions les plus peuplées du pays et frontalière de deux nations, peine à obtenir un accès minimum à l’eau potable. Cette réalité est d’autant plus frustrante pour les habitants, car elle témoigne d’un abandon manifeste de la part des autorités.

Face à cette crise, la population de Sélibaby tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à agir de toute urgence. L’État a le devoir de garantir l’accès à l’eau potable pour tous ses citoyens et de s’assurer que la SNDE accomplit efficacement sa mission. Une réforme structurelle dans la gestion de l’eau s’avère indispensable, impliquant notamment la décentralisation des interventions techniques, la modernisation des infrastructures et l’instauration de solutions alternatives en cas de crise.

Sans une réaction rapide, cette situation pourrait déboucher sur une crise sanitaire majeure, mettant en péril la santé et le bien-être de milliers de citoyens.

Mohamed BNEIJARA

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