Les données publiées par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire font état d’une augmentation significative de la production de riz en Mauritanie au cours de la campagne automnale 2025. La production nationale a atteint 229 353 tonnes, soit une hausse de 27 % par rapport à la saison 2024.

Selon les statistiques officielles, les superficies exploitées ont atteint 48 800 hectares, enregistrant une progression de 24 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, tandis que le rendement moyen s’est établi à 4,70 tonnes par hectare, traduisant une amélioration notable des performances agricoles.

Sur le plan régional, la wilaya du Trarza domine largement la production avec 206 005 tonnes, suivie du Gorgol (13 217 tonnes) et du Brakna (10 131 tonnes). Globalement, la production actuelle dépasse de 41 % la moyenne des cinq dernières années, portée à la fois par l’amélioration des rendements et par une augmentation de 9 % des surfaces cultivées par rapport à l’année précédente.

Ces résultats constituent sans aucun doute un signal positif pour la souveraineté alimentaire du pays. Toutefois, ils restent insuffisants au regard des défis structurels auxquels la Mauritanie est confrontée, notamment la persistance de taux élevés de malnutrition et d’insécurité alimentaire, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes.

Dans ce contexte, la diversification des systèmes de production agricole devient une nécessité stratégique. Au-delà du riz, la Mauritanie doit investir davantage dans des filières à forte valeur nutritionnelle et environnementale, à l’image de l’agroforesterie, dont le moringa constitue une illustration concrète et prometteuse.

Plante résistante à la sécheresse, adaptée aux conditions sahéliennes et à croissance rapide, le moringa offre un potentiel exceptionnel. Ses feuilles, riches en protéines, fer, calcium et vitamines, peuvent contribuer efficacement à la prévention et à la prise en charge de la malnutrition, tout en s’intégrant facilement aux systèmes de production existants (riziculture, maraîchage, cultures de décrue).

Par ailleurs, la culture et la transformation du moringa représentent une opportunité économique majeure, notamment pour les femmes rurales, à travers le développement de chaînes de valeur locales (production, transformation, commercialisation). Dans plusieurs pays voisins, le moringa est déjà intégré aux politiques agricoles et nutritionnelles ; rien ne justifie que la Mauritanie reste en marge de ces innovations.

L’État et ses partenaires techniques et financiers ont donc tout intérêt à booster les innovations agricoles, à soutenir l’agroforesterie et à faire du moringa une culture stratégique, complémentaire au riz, pour répondre durablement aux besoins alimentaires et nutritionnels des populations.

L’augmentation de la production rizicole est une avancée importante. Mais seule une agriculture diversifiée, innovante et orientée nutrition permettra de relever durablement le défi de la souveraineté alimentaire en Mauritanie.

Mohamed BNEIJARA

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