Moussa Fall a décidé de prendre le temps d’établir des bases solides pour le processus de dialogue, en entamant des contacts et des échanges avec le député Biram et Samba Thiam. Il rassure les Mauritaniens sur sa volonté d’inclure tous les citoyens dans cette initiative. Toutefois, une question demeure : les autorités publiques seront-elles disposées à lui fournir les ressources et le temps nécessaires pour mener à bien cette approche inclusive ?

En engageant le dialogue avec des figures emblématiques comme Biram Dah Abeid et Samba Thiam, Moussa Fall démontre sa capacité à conduire un processus de concertation ouvert et efficace. Cet engagement représente un pas crucial vers une véritable facilitation du dialogue national. Un dialogue qui doit impliquer tous les Mauritaniens, sans exception. En tant que facilitateur, il a la responsabilité de transcender les clivages politiques et sociaux, s’assurant ainsi qu’aucune voix ne soit marginalisée.

Un véritable dialogue inclusif ne peut se restreindre à des échanges entre acteurs politiques, qu’ils appartiennent à l’opposition ou à la majorité, souvent éloignés des réalités du terrain. Moussa Fall doit s’engager à parcourir le pays en organisant au moins une journée de concertation par wilaya. L’objectif est d’écouter les populations, de recueillir une masse critique de préoccupations et de s’assurer que ces doléances servent de fondement à un dialogue véritablement ancré dans les attentes des citoyens.

Plutôt que de se réduire à un simple partage superficiel du « gâteau » entre les élites politiques de Nouakchott, souvent absentes du terrain en dehors des périodes électorales, ce dialogue doit aboutir à des recommandations concrètes. Il est essentiel de réformer à la fois la forme et le fond, en dépassant les zones de confort et en prêtant une oreille attentive aux communautés locales. Ce dialogue doit établir les bases d’une gouvernance inclusive et transparente, indispensables à la stabilité et au développement du pays, conformément aux souhaits de son commanditaire, Mohamed Cheikh Ghazouani.

Ce dialogue doit permettre à l’État d’exercer pleinement son rôle de régulateur vis-à-vis de ses citoyens, en établissant une relation de confiance entre les services publics et la population. Éloigné de l’influence des féodaux et des intermédiaires, il doit se rapprocher des citoyens et garantir une offre de services de proximité. Un dialogue véritable offrirait enfin de l’espoir aux communautés qui aspirent à une meilleure connexion avec l’administration et à la reconnaissance de leurs besoins.

Les recommandations issues de ce dialogue, chères à Ghazouani, doivent également servir à soutenir son programme présidentiel intitulé « Mes ambitions pour la patrie ». Ce dialogue doit accompagner le Premier ministre Mocar Ould Diay dans l’accomplissement de ses missions clés : établir un État de droit, stimuler une économie croissante et durable, transformer la jeunesse, ainsi que lutter contre la pauvreté et la corruption.

Enfin, négliger la dimension régionale donnerait l’impression que quelques personnes âgées tentent d’exploiter l’opportunité du dialogue à des fins personnelles, dans une mise en scène qui ne justifie même pas cette intention. Cela constituerait une grave erreur stratégique aux conséquences importantes. De nombreux jeunes, en particulier dans les grandes villes, ont déjà exprimé leur mécontentement à travers leur vote. Ils ont le droit de faire entendre leurs préoccupations et d’être intégrés dans ce processus de dialogue.

Moussa Fall a lancé une dynamique prometteuse. La question demeure toutefois de savoir si elle recevra le soutien adéquat pour générer des résultats concrets et bénéfiques pour l’ensemble des Mauritaniens.

Mohamed BNEIJARA

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