Le président-directeur général de la société minière canadienne Kinross Gold, M. Paul Rollinson, a présenté, lundi 9 février 2026, un exposé consacré aux perspectives d’investissement en Mauritanie, à l’occasion de la conférence africaine sur l’investissement minier « Mining Indaba », organisée au Cape Town International Convention Centre, en Afrique du Sud.

Lors de son intervention, M. Rollinson a mis en avant le potentiel du secteur minier mauritanien ainsi que les nombreuses opportunités offertes aux investisseurs internationaux. Il a souligné la stabilité de l’environnement des affaires, l’attractivité du cadre d’investissement et la solidité du dispositif juridique et institutionnel encadrant le secteur.

Le PDG de Kinross a également insisté sur la qualité du partenariat entre l’État mauritanien et les opérateurs économiques, considérée comme un facteur déterminant dans le développement des investissements miniers. Selon lui, ces éléments font de la Mauritanie une destination compétitive et rassurante pour les capitaux internationaux.

Cependant, ces déclarations, relayées par plusieurs médias dont Emergence Mauritanie, ravivent le débat national sur les retombées réelles de l’exploitation minière pour les populations locales.

À Agjoujt, ville minière historique, les habitants continuent de faire face à un manque criant d’eau potable, alors même que les minerais sont extraits et exportés en grande quantité. Cette situation alimente un sentiment d’injustice et d’abandon au sein des communautés riveraines.

De même, dans les zones d’exploitation aurifère, notamment autour des sites opérés par Kinross, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de retombées significatives au profit des anciens usagers des terres aujourd’hui exploitées par les sociétés minières. Les attentes en matière d’emplois locaux, d’infrastructures, d’accès à l’eau, de santé et d’éducation restent, selon plusieurs observateurs, en deçà des espoirs suscités par l’implantation de ces projets.

Si la Mauritanie présente effectivement des « facteurs favorables au développement des investissements », comme l’a affirmé M. Rollinson, certains analystes estiment que cette attractivité repose aussi sur une régulation perçue comme peu contraignante et sur une faible capacité de négociation en faveur des communautés locales.

La question demeure donc centrale : comment concilier attractivité des investissements et justice économique et sociale pour les populations impactées ?

Au-delà des chiffres et des discours, le véritable défi pour la Mauritanie reste la transformation de la richesse minière en développement local durable, visible et équitable.

Mohamed BNEIJARA

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