La Mauritanie traverse une période où la consolidation de l’État de droit et de la cohésion nationale devrait constituer une priorité absolue. Dans ce contexte, il est essentiel que l’État revienne à sa mission régalienne fondamentale et évite toute prise de position qui pourrait être perçue comme une confrontation directe avec les organisations de défense des droits de l’homme, notamment des mouvements comme l’IRA.
Un État fort ne se construit ni par la crispation ni par la répression, mais par le respect scrupuleux des institutions, au premier rang desquelles figure la justice. Celle-ci doit pouvoir exercer sa mission en toute indépendance, à l’abri des pressions politiques, administratives ou sécuritaires. Laisser la justice faire son travail, dans le strict respect des lois et des procédures, est le meilleur gage de crédibilité et de stabilité pour le pays.
Certaines orientations récentes, telles que les lois relatives aux symboles, la poursuite de lanceurs d’alerte ou de dénonciateurs, ou encore la restriction de l’espace civique, ne sont pas de nature à instaurer la confiance entre l’État et les citoyens. Au contraire, elles fragilisent l’image de l’État, alimentent la méfiance et donnent le sentiment d’un appareil public davantage tourné vers la répression que vers la régulation et la protection des droits.
Or, l’État doit rester au-dessus de tous : au-dessus des partis, des groupes, des intérêts particuliers et des tensions conjoncturelles. Son rôle n’est pas de réduire les voix critiques au silence, mais de réguler, d’arbitrer et de garantir les libertés dans l’intérêt supérieur des populations.
Les véritables leviers de stabilité et de développement sont bien connus :
l’éducation, la formation, la sensibilisation citoyenne, l’application équitable des lois, une justice indépendante et crédible, ainsi qu’une régulation juste et transparente. Ce sont ces piliers qui permettent de bâtir une société apaisée, inclusive et résiliente, capable de faire face à ses défis sans recourir à la peur ou à la coercition.
La Mauritanie a tout à gagner à renforcer le dialogue avec la société civile, y compris les organisations critiques, et à inscrire son action publique dans une logique de confiance, de responsabilité et de respect des droits humains. C’est à ce prix que l’État consolidera son autorité morale et politique, et qu’il pourra durablement servir l’intérêt général.
Mohamed BNEIJARA