Suite à l’appel d’Ibrahima Thiaw, invitant à transformer la crise énergétique en opportunité, une question fondamentale revient avec insistance dans les débats publics, au sein de la diaspora et de la classe intellectuelle : pourquoi les autorités mauritaniennes ne mobilisent-elles pas davantage les compétences nationales de haut niveau pour accompagner la Mauritanie dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, le financement vert, l’environnement et la création d’emplois verts ?
Cette interrogation, largement partagée, ne doit pas être perçue comme une critique polémique, mais plutôt comme un constat simple : notre pays dispose de ressources humaines expérimentées, reconnues à l’échelle internationale, qui pourraient jouer un rôle déterminant dans l’accélération de la transition énergétique et écologique.
Dans un contexte où la Mauritanie doit faire face à une forte pression énergétique, à la hausse des coûts des hydrocarbures et à des défis climatiques croissants, la mobilisation de ces expertises nationales devient un enjeu stratégique majeur. L’expérience acquise au sein des institutions internationales, notamment dans les domaines de la gouvernance environnementale, de la lutte contre la désertification et de la finance climatique, représente une ressource précieuse pour élaborer des politiques publiques plus efficaces, mieux connectées aux mécanismes de financement global.
C’est dans cette optique que le profil d’Ibrahima Thiaw est souvent évoqué. Son parcours au sein de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et d’autres structures onusiennes liées au climat illustre parfaitement le type d’expertise capable d’appuyer la Mauritanie dans la conception et la mise en œuvre de programmes structurants : transition énergétique, adaptation au changement climatique, valorisation des ressources naturelles et mobilisation de financements verts.
Pour de nombreux observateurs, la question dépasse largement le seul aspect technique : il s’agit d’un enjeu institutionnel et stratégique. Comment organiser efficacement le dialogue entre l’État et ses compétences nationales, où qu’elles se trouvent, afin de maximiser l’impact des politiques publiques ?
Dans un contexte où la concurrence pour les financements climatiques ne cesse de s’intensifier, les pays qui réussissent sont souvent ceux qui savent allier vision politique, expertise technique et diplomatie économique. Plusieurs voix appellent donc à une approche plus proactive de la part de l’État, basée sur la reconnaissance, la mobilisation et l’intégration des compétences nationales de haut niveau dans les mécanismes de décision et de mise en œuvre.
Au-delà de la simple valorisation individuelle, il s’agit avant tout d’une question de méthode : celle de la capacité de la Mauritanie à transformer son capital humain en un levier stratégique pour le développement, notamment dans les secteurs clés de la transition énergétique et de la croissance verte. Ne pas tirer parti de l’expertise de ce fils de notre pays serait une erreur monumentale de gouvernance, une perte considérable pour notre environnement, notre désert, notre énergie et notre avenir.
Pourquoi, alors, les grandes institutions internationales telles que les Nations Unies, le Fonds Monétaire International, la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement font-elles appel à nos fils et reconnaissent pleinement leur sérieux et leur compétence, alors que nos gouvernants semblent réticents à valoriser leur talent ? Comme dans une compétition sportive, les pays mobilisent leurs meilleurs athlètes lors des grandes coupes pour défendre leur drapeau. Les défis que nous rencontrons aujourd’hui dans le secteur de l’énergie et dans la lutte contre le changement climatique devraient inciter nos dirigeants à faire appel à toutes nos ressources humaines, en particulier ces cadres de haut niveau, afin de tirer profit de leur expertise dans cette période d’incertitude.
Ce paradoxe soulève une question cruciale : notre avenir et notre prospérité dépendent indéniablement de la reconnaissance et de la valorisation de notre capital humain. Ibrahima Thiaw est sans aucun doute l’un des meilleurs représentants de cette richesse nationale. Il est urgent que nos gouvernants prennent conscience de cette valeur et agissent en conséquence, en intégrant pleinement ces compétences dans nos stratégies de développement.
Mohamed BNEIJARA