À une époque où les débats publics sont souvent monopolisés par des polémiques stériles et des discours théoriques sur l’inclusion, il devient urgent de recentrer la discussion sur l’essentiel : l’efficacité de l’action publique et la concrétisation des engagements de l’État.
Dans ses engagements, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a affirmé clairement que la Mauritanie, riche de sa diversité culturelle, doit dépasser les traditions et coutumes ancestrales, dont certaines entrent en contradiction avec les progrès universels en matière de droits humains. Un véritable élan de concorde, de fraternité et d’acceptation mutuelle est indispensable pour renforcer la cohésion nationale, où chaque contribution doit enrichir le collectif.
Il est urgent de lancer une action d’envergure pour éliminer définitivement les séquelles de l’esclavage, réparer les blessures du passif humanitaire, et réduire toutes les disparités issues de discriminations sociales. La lutte contre la pauvreté multidimensionnelle, ainsi que l’héritage socioculturel qui limite la participation pleine et égale des femmes et des personnes en situation de handicap, est également essentielle pour renforcer la cohésion sociale et favoriser le développement.
Son Excellence Mohamed Cheikh El Ghazouani dispose d’une vision claire et d’une légitimité forte. Son programme « Mes ambitions pour la Patrie » est structuré et appuyé par une majorité parlementaire solide. Cette vision a été traduite dans la lettre de mission confiée au Premier ministre Mokhtar Ould Diay, qui fixe des objectifs précis : renforcer l’État de droit, promouvoir une gouvernance exemplaire, transformer l’économie, créer des emplois pour la jeunesse, réformer l’éducation et renforcer la cohésion sociale.
Dès lors, le véritable enjeu n’est plus de débattre indéfiniment des intentions, mais de mesurer concrètement les progrès réalisés.
Dans un contexte international tendu, notamment avec les répercussions de la guerre au Proche-Orient, et face à des défis économiques majeurs comme la hausse du prix du carburant et du gaz, la patience des populations s’épuise. Ces contraintes extérieures doivent renforcer la nécessité d’une action efficace, transparente et porteuse de résultats concrets.
Aujourd’hui, il est évident que l’écart entre la vision présidentielle et sa mise en œuvre opérationnelle demeure perceptible. Ce n’est pas faute d’orientation, mais plutôt d’un déficit dans le suivi rigoureux, la coordination et la culture du résultat.
Il ne s’agit pas de remettre en question la direction fixée par le chef de l’État, mais de souligner, avec responsabilité, que le temps des belles déclarations doit céder la place à celui des réalisations concrètes et mesurables.
L’inclusion, souvent évoquée dans les discours politiques, ne doit pas rester un concept abstrait ou un simple outil rhétorique. Elle doit se concrétiser par des résultats tangibles : réduction des inégalités, accès équitable aux opportunités, amélioration réelle des conditions de vie. Tout le reste n’est que discours.
Le Président dispose aujourd’hui de trois leviers essentiels : une vision claire, des moyens d’action et le temps pour agir.
Dans ces conditions, tout retard ou hésitation dans la mise en œuvre ne peut s’expliquer que par des défaillances dans l’exécution.
Un sursaut s’impose donc :
- Dans la gouvernance, pour instaurer une culture de redevabilité et d’évaluation continue ;
- Dans la coordination gouvernementale, pour mettre fin aux approches fragmentées et favoriser une action cohérente ;
- Dans le suivi des politiques publiques, avec des indicateurs précis, des échéances respectées et une évaluation transparente des résultats.
Il faut recentrer le débat sur les réalisations concrètes du programme présidentiel, secteur par secteur, région par région, plutôt que de se laisser distraire par des polémiques politiciennes sans impact réel sur la vie des citoyens.
Dans un environnement régional complexe, notamment avec la situation au Mali, et face aux tensions économiques internes, la priorité doit être l’action utile, visible et mesurable.
Soutenir le Président, aujourd’hui, ce n’est pas multiplier les discours d’allégeance ou entretenir des illusions, mais exiger que ses ambitions soient pleinement concrétisées dans l’intérêt supérieur du pays.
La Mauritanie possède de nombreux atouts et opportunités. Elle a surtout besoin de rigueur, de discipline dans l’exécution et d’un recentrage constant sur les résultats.
Le cap est clair. Les moyens existent. Le temps est encore là.
Il ne reste qu’à avancer avec détermination : tout le reste n’est que diversion.
Mohamed BNEIJARA