Au début de cette nouvelle année, notre pays se trouve à un tournant critique. La colère, la frustration et le découragement s’intensifient dans nos villes comme dans nos campagnes. Dans ce contexte, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a lancé un dialogue national qui dépasse la simple formalité : il représente une opportunité historique de bâtir une Mauritanie juste, apaisée et inclusive. Justice sociale, cohésion nationale, résolution des passifs humanitaires : ces engagements doivent désormais se traduire par des actions concrètes, et non rester de simples paroles.

Cependant, la confiance ne se décrète pas, elle se mérite. Elle repose sur une véritable connexion avec les citoyens, notamment dans nos zones rurales longtemps négligées. Les jeunes, qui constituent plus de 60 % de notre population, ne peuvent plus être ignorés ni réduits à de simples chiffres : ils incarnent le présent et l’avenir de notre nation.

Nos services publics, en particulier la SNDE et la SOMELEC, ont un rôle primordial à jouer. La population attend d’eux des prestations fiables et continues, et non une bureaucratie rigide. Partout dans le monde, les sociétés performantes privilégient la maintenance, le suivi technique et la qualité des infrastructures, plutôt que la seule logique de facturation. L’exemple du réseau de la SNDE à Sélibaby, qui peine à assurer un service durable, illustre bien ce qui se produit lorsque l’intérêt administratif prime sur le service aux citoyens.

Il est également crucial de réduire la haine, la division et la colère qui se propagent sur les réseaux sociaux, fragilisant ainsi notre tissu social. La reconstruction de la confiance passe par l’écoute, l’éducation et la sensibilisation, et non par une répression systématique qui ne doit rester qu’un dernier recours.

Nos dirigeants portent une responsabilité immense : ils doivent dépasser leurs ressentiments et leurs intérêts personnels pour faire du service de la nation leur priorité absolue. Gouverner, ce n’est pas répondre à la colère par la force, mais apaiser, rassembler et donner l’exemple. La Mauritanie ne se construit pas dans la division, mais dans la solidarité, le dialogue et le courage politique.

Mohamed BNEIJARA

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *