La reconduction de la confiance du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, envers M. El Moctar Ould Djay marque une étape nouvelle placée sous le signe de la responsabilité, de la transparence et de la cohésion nationale.

Suite à leur entretien ce vendredi au Palais présidentiel à Nouakchott, le Premier ministre a été chargé de présenter une proposition visant la formation d’un nouveau gouvernement. Cette démarche illustre la volonté du chef de l’État de poursuivre la mise en œuvre du programme « Mon ambition pour la patrie », tout en tenant compte des défis économiques, sociaux et internationaux auxquels le pays est confronté. En acceptant cette mission, le Premier ministre a exprimé sa gratitude et mesuré la responsabilité que représente cette confiance. Il a rappelé les grandes orientations destinées à la future équipe gouvernementale: mobiliser les compétences politiques et techniques nécessaires, renforcer la protection sociale, promouvoir la formation et l’emploi des jeunes et accélérer le développement local tant dans les villes que dans les régions de l’intérieur.

Ces priorités répondent aux attentes profondes des citoyens, qui aspirent à une amélioration tangible de leurs conditions de vie et à un accès plus équitable aux services essentiels. Depuis l’arrivée au pouvoir du président El Ghazouani, d’importants investissements et projets de développement ont été engagés. Cependant, la question centrale demeure: quels sont leur impact réel sur le quotidien des populations, leur répartition territoriale et la transparence qui doit accompagner leur mise en œuvre?

La croissance des ressources et l’augmentation des investissements doivent se traduire par des progrès concrets dans l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, le logement, la sécurité sociale et l’alimentation. Le développement ne saurait se mesurer uniquement au volume des investissements annoncés; il doit aussi se traduire par la capacité de l’État à réduire les inégalités, à protéger les catégories les plus vulnérables et à garantir des conditions de vie dignes pour chaque citoyen. Dans ce cadre, une meilleure communication publique sur les projets, leurs financements, leur avancement et leurs résultats s’impose. La transparence renforce la confiance entre les institutions et les citoyens et permet une meilleure reddition de comptes. Les Mauritaniens ont besoin d’informations sur les réalisations, les résultats et les difficultés rencontrées pour évaluer objectivement l’action publique.

Un enjeu majeur de cette étape est aussi la place accordée à la société civile. Organisations citoyennes, associations de défense des droits humains, acteurs du développement local et jeunes disposent d’une connaissance précieuse du terrain. Leur participation aux consultations, à l’élaboration des politiques publiques et au suivi des programmes peut aider à mieux identifier les besoins et à prévenir les insuffisances dans la mise en œuvre. La société civile ne doit pas être vue comme un simple observateur mais comme un partenaire capable de contribuer, de manière constructive et indépendante, à une meilleure gouvernance. Un dialogue régulier entre le gouvernement, les élus, les acteurs économiques et les représentants des différentes composantes permettrait d’améliorer la pertinence et l’efficacité des politiques publiques.

La cohésion nationale passe aussi par la justice sociale et le traitement des questions historiques qui marquent la société mauritanienne. La poursuite des efforts en matière de règlement du passif humanitaire, de lutte contre les séquelles de l’esclavage et de réduction des discriminations doit rester au cœur de l’action publique. L’unité nationale ne se réduit pas à des déclarations: elle se construit par l’égalité des chances, l’accès équitable aux responsabilités, la justice, la solidarité et la dignité de chaque citoyen. La Mauritanie a besoin d’une gouvernance qui rassemble ses citoyens autour d’un projet commun, sans exclusion fondée sur des appartenances communautaires ou ethniques. La diversité doit être une richesse nationale et non un facteur de division.

L’emploi des jeunes constitue un autre défi majeur. Au-delà des annonces, les politiques publiques doivent offrir une formation adaptée au marché du travail, des opportunités professionnelles concrètes et des mécanismes de financement favorisant l’entrepreneuriat. Cette ambition doit profiter aussi bien aux jeunes des grandes villes qu’à ceux des zones rurales et de l’intérieur, tout en renforçant leur participation à la vie publique et leur place dans les instances de décision. Investir dans la jeunesse, c’est préparer l’avenir du pays, diminuer les frustrations sociales et donner à chaque jeune la possibilité de contribuer au développement national. La future équipe gouvernementale devra faire de la formation, de l’emploi et de l’autonomisation des jeunes des priorités concrètes, avec des objectifs mesurables et un suivi régulier des résultats.

La situation internationale rend cette exigence d’unité encore plus cruciale. Les effets des conflits mondiaux, notamment la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, l’instabilité au Sahel et le changement climatique, peuvent influer sur les prix, les approvisionnements, les finances publiques et le bien-être des ménages. La Mauritanie ne peut ignorer ces risques: elle doit renforcer ses mécanismes de protection sociale, anticiper les crises et accroître sa résilience économique. Les populations modestes doivent bénéficier d’une attention particulière afin de limiter les chocs économiques et de préserver leur accès à l’alimentation, aux soins, à l’eau potable et aux autres services essentiels.

Dans ce contexte, la mobilisation de toutes les forces nationales s’avère indispensable. Les défis que traverse le pays transcendent les clivages politiques, communautaires et ethniques et exigent une réponse collective fondée sur la solidarité, le dialogue et la responsabilité. La Mauritanie est un pays où, malgré les différences, les citoyens partagent un espace commun, des intérêts et une responsabilité collective dans leur avenir.

La nomination du Premier ministre relève des prérogatives du chef de l’État. Il convient donc de lui adresser nos vœux de pleine réussite dans la mission confiée à El Moctar Ould Djay et dans la formation de la future équipe gouvernementale. Ce renouvellement de confiance doit être l’occasion de répondre aux attentes légitimes des citoyens: davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques, une communication plus régulière sur les réalisations et une implication effective de la société civile dans le processus de décision et de suivi. C’est autour de cet objectif que doit se bâtir le nouveau contrat de confiance entre les citoyens et les institutions: une Mauritanie plus juste, plus solidaire, plus transparente et plus unie, dans laquelle chaque citoyen se sent reconnu, respecté et pleinement associé à l’œuvre nationale de développement.

Mohamed BNEIJARA

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *