La défense nationale a pour vocation de préserver la souveraineté du pays, d’assurer la sécurité de ses citoyens et de défendre ses intérêts à l’échelle internationale. Elle regroupe l’ensemble des moyens humains, matériels et stratégiques mobilisés pour préserver l’intégrité du territoire et faire face à toute menace.
Depuis plusieurs décennies, des villages se sont établis le long de la frontière entre la Mauritanie et le Mali dans un contexte particulier. Bien que situés sur le territoire malien, ces villages sont majoritairement habités par des citoyens mauritaniens. Ces populations participent à la vie démocratique de leur pays, votent en Mauritanie et bénéficient de services publics mauritaniens tels que des écoles et des dispensaires, construits par l’État.
Cette situation atypique a longtemps été gérée dans un esprit de consensus tacite entre les deux États, sans cadre juridique clair. Cependant, la détérioration de la sécurité au Mali ces dernières années a profondément bouleversé cet équilibre fragile. Dans le cadre du renforcement de leur contrôle territorial, les forces maliennes ont accru leur présence dans ces zones, ravivant ambiguïtés et tensions.
Des incidents se produisent régulièrement, alimentant une polémique populaire. Les autorités maliennes considèrent agir sur leur territoire, tandis que les populations mauritaniennes perçoivent parfois ces interventions comme des intrusions. L’armée mauritanienne, pour apaiser la tension, publie régulièrement des communiqués affirmant que ces villages se trouvent effectivement en territoire malien.
Dans ce contexte sensible, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a appelé à la retenue et à la tolérance, notamment lors de sa visite dans les régions du Hodh. Il a souligné l’importance d’éviter tout ce qui pourrait détériorer ou compromettre les relations fraternelles avec le Mali, un pays confronté à de grandes difficultés. Par ailleurs, la Mauritanie continue de faire preuve de solidarité en accueillant des milliers de réfugiés maliens fuyant l’insécurité.
Il apparaît toutefois que le statu quo n’est plus tenable. La répétition de ces tensions comporte un risque réel d’escalade, que ni les populations ni les États concernés ne souhaitent. Face à cette situation, une solution pragmatique et souveraine s’impose.
Il est désormais urgent d’organiser, dans un cadre encadré et sécurisé, le déplacement des populations mauritaniennes résidant dans ces zones frontalières vers des localités clairement situées sur le territoire national. Une telle démarche garantirait leur sécurité, clarifierait la délimitation territoriale et mettrait fin à la polémique récurrente.
Mettre fin à cette situation, c’est faire le choix de la responsabilité, de la stabilité et de la protection des citoyens. C’est aussi renforcer la crédibilité de l’État dans sa mission fondamentale : assurer la sécurité et l’intégrité de la nation.
Mohamed BNEIJARA