Le débat sur la fiscalité en Mauritanie dépasse la simple question des recettes budgétaires. Il touche au fond du contrat social et au rôle régalien de l’État. Si l’impôt est essentiel au bon fonctionnement de l’économie et au financement des services publics, son succès dépend avant tout de la confiance entre citoyens et institutions. Sans cette confiance, aucune réforme fiscale ne pourra s’inscrire dans la durée.

Le gouvernement doit comprendre que la contrainte seule ne suffit pas à générer l’adhésion. L’impôt ne doit pas être perçu comme un outil de domination, mais comme un levier de solidarité nationale. Or, aujourd’hui, beaucoup de citoyens ont le sentiment d’être soumis aux décisions du régime, plutôt que d’être acteurs de l’intérêt général.

Construire cette confiance exige une communication transparente et sincère sur l’utilisation des ressources publiques, des débats budgétaires ouverts et inclusifs, ainsi qu’une implication concrète des citoyens dans les décisions qui les concernent. Un citoyen bien informé et respecté sera davantage enclin à contribuer.

Par ailleurs, l’État doit rompre avec les pratiques injustes qui pénalisent avant tout les plus vulnérables. Imposer des taxes excessives à des salariés modestes, tout en laissant certaines élites échapper à leur devoir fiscal, sape la légitimité de l’action publique. L’équité fiscale n’est pas un slogan, mais une nécessité politique.

Enfin, il est crucial que l’État se souvienne d’une vérité fondamentale : il est au service des citoyens, et non l’inverse. Lorsqu’un citoyen se sent respecté, écouté et aidé, il devient naturellement un partenaire du développement, et non un adversaire à contraindre. Pour que la réforme fiscale réussisse, elle doit être portée par la confiance, la justice et la participation citoyenne. À défaut, elle sera perçue comme une simple charge imposée, et non comme un devoir partagé.

Mohamed BNEIJARA

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