La Mauritanie traverse actuellement une période délicate en matière d’assurance maladie, marquée par les difficultés rencontrées avec la mise en place du nouveau système de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM). Ces problèmes, fortement ressentis par les assurés, nécessitent une attention particulière et des ajustements urgents de la part des autorités.

De nombreux bénéficiaires signalent des démarches devenues lourdes, complexes, et des délais incompatibles avec les besoins en soins, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques. La demande de préfinancement pour l’achat de médicaments, qui suscite une incompréhension légitime, remet en question le principe même de la couverture sanitaire.

Cette situation s’inscrit dans un contexte déjà tendu, marqué par des ruptures récurrentes de médicaments essentiels, notamment pour les traitements des malades chroniques et cardiaques. La pénurie de certains produits de base, comme l’Aspegic 100 mg, alarme les patients et leurs familles.

Il est important de rappeler que la CNAM a été initialement conçue pour couvrir principalement les assurés de la fonction publique et des entreprises affiliées à la Convention Collective du Travail, dont les cotisations étaient régulières et prévisibles. Ce cadre favorisait une gestion plus fluide et mieux adaptée aux capacités de la caisse.

L’élargissement de la couverture de la CNAM aux assurés sociaux du programme TAAZOUR, bien qu’animé par une volonté sociale louable, a exercé une pression supplémentaire sur la caisse, aggravant la complexité des procédures et détériorant la qualité du service. Cette évolution mérite aujourd’hui une évaluation objective et sans parti pris.

Dans cette optique, une clarification des rôles entre la CNAM et la CNASS apparaît nécessaire. Orienter chaque catégorie d’assurés vers l’institution la plus adaptée permettrait d’améliorer l’efficacité du système et d’assurer une prise en charge plus équitable et plus rapide.

Il revient désormais au gouvernement d’engager un dialogue sincère avec tous les acteurs concernés, d’écouter les bénéficiaires, et d’effectuer les ajustements nécessaires pour préserver la vocation première de l’assurance maladie : garantir un accès effectif et continu aux soins.

La santé reste un pilier fondamental de la cohésion sociale. La corriger à temps, avec lucidité et responsabilité, n’est pas seulement une nécessité, mais une obligation.

Mohamed BNEIJARA

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