La Mauritanie se retrouve plongée dans une crise politique sans précédent, suscitant d’importantes interrogations sur la gouvernance en place. Sur les réseaux sociaux, les critiques à l’égard du Premier ministre se multiplient, reflet d’un mécontentement grandissant au sein de la population. Les reproches acerbes et les attaques directes soulignent un climat de défiance. Fait préoccupant, l’absence totale de réaction du gouvernement, des partis de la majorité, et même des médias nationaux interroge sur la solidarité gouvernementale et la cohésion du pouvoir. Ce silence assourdissant pourrait avoir des conséquences sur la stabilité politique du pays.
Dans un contexte où le pays se prépare à un dialogue national visant à renforcer l’unité et la concertation, le gouvernement apparaît paradoxalement fragmenté. Un pouvoir qui peine à défendre ses décisions et à afficher un front uni aura du mal à engager un dialogue national crédible. L’absence de soutien envers le Premier ministre, surtout en cette période critique, met en évidence un dysfonctionnement systémique préoccupant. Cela soulève des questions non seulement sur la stabilité de l’exécutif, mais aussi sur la légitimité des décisions à venir. Si les membres du gouvernement ne parviennent pas à s’unir autour de leur chef, choisi par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, quelles chances leur restent-ils de conduire le pays vers un avenir apaisé ?
Le silence des membres du gouvernement face aux critiques visant leur leader soulève des interrogations préoccupantes quant à leur loyauté et leur engagement envers les politiques du Président de la République. En politique, l’inaction peut être perçue comme une approbation tacite, accentuant ainsi l’impression d’un pouvoir divisé. Une telle désunion ne se contente pas de donner une image de désorganisation, elle pourrait également inciter des acteurs politiques et sociaux à remettre en question la légitimité et l’autorité du gouvernement, affaiblissant ainsi l’exécutif au moment où il a le plus besoin de soutien.
Au-delà des rivalités politiques internes, cette crise met en exergue une problématique plus profonde : la dégradation des valeurs fondamentales, y compris religieuses, suscitant une inquiétude croissante au sein de la société mauritanienne. Dans un contexte où l’opportunisme semble souvent prévaloir sur les principes éthiques, il devient de plus en plus ardu de définir une ligne directrice claire et cohérente pour l’avenir du pays. Cette situation alimente une méfiance généralisée envers les institutions et exacerbe les tensions sociales, rendant d’autant plus impérieux le rétablissement des valeurs et de la confiance.
Face à cette situation critique, il est essentiel que le gouvernement adopte des mesures concrètes pour restaurer la confiance au sein de ses rangs et rétablir une véritable solidarité. Avant d’engager un dialogue national, il serait judicieux de s’attaquer aux dissensions internes et de clarifier les positions de chaque acteur politique. Une telle approche pourrait non seulement renforcer la cohésion au sein de l’exécutif, mais également établir un cadre favorable à un dialogue national véritablement efficace, éloigné des conflits internes.
La Mauritanie se trouve à un tournant crucial de son histoire. Une réponse rapide et collective des autorités est essentielle pour empêcher que la défiance actuelle ne se transforme en une crise politique majeure. Pour avancer, il est impératif de restaurer de toute urgence la cohésion, la confiance et la responsabilité au sein du gouvernement, des éléments fondamentaux pour faire face aux défis complexes auxquels le pays doit faire face.
Mohamed BNEIJARA