Mauritanie: le RFD de Ould Daddah réclame un audit de la gouvernance d'ould Abdel Aziz

Écrit par Eclairage le . Publié dans Politique

Le360 Afrique - Les camarades d’Ahmed Ould Daddah, plusieurs fois candidat malheureux aux scrutins présidentiels de Mauritanie, demande que «soit dressé, en toute objectivité, l’état des lieux de tous les services économiques de l’Etat (Trésor, budget, Banque Centrale de Mauritanie (BCM), mines, pêche, patrimoine immobilier de l’Etat, marchés, écoles, stades) et des entreprises publiques, à l’image de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), des ports de Nouakchott et Nouadhibou, la Société Mauritanienne des Hydrocarbures et du Patrimoine Minier (SMHPM)». 

L'audit de grande ampleur réclamé par le RFD doit viser «à déterminer sans parti-pris, les conditions d’adjudication et de conclusion des grands marchés publics et des conventions entre l’Etat et des entreprises privées nationales et étrangères pendant la dernière décennie (aéroports et ports, routes, marchés de Nouakchott…. 

Il faut également déterminer les conditions dans lesquelles ont été liquidées la Société Nationale d’Import/Export (SONIMEX), l’Entreprise Nationale pour l’Entretien Routier (ENER), l’Agence Nationale d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public (AMEXRTIPE et l’Agence de Promotion de l’Accès Universel aux Services». 

Cette demande vient rappeler une décennie de gouvernance contestée, caractérisée, selon le RFD, par «une hausse vertigineuse de la dette extérieure atteignant plus de 100% du Produit Intérieur Brut (PIB), une absence de fiabilité des comptes de l’Etat, une inflation de projets aux coûts faramineux restés sans lendemain, la banqueroute frauduleuse de plusieurs entreprises publiques, la conclusion dans l’opacité et au préjudice de la collectivité nationale, de marchés publics et de conventions de financement aux motivations douteuses, l’effondrement du système bancaire et le discrédit de ce qui en reste, la domestication de la justice mettant à l’abri de poursuites les véritables auteurs de crimes économiques, etc.».

Le RFD estime, en conséquence, que pour mettre fin «à cette sombre page dans la gouvernance de la Mauritanie» et éviter «une proximité politique synonyme de collusion» entre Aziz et le président Ghazouani, «le nouveau pouvoir doit faire toute la lumière sur cette situation». 

Ghazouani optera-t-il pour cette option, risquée, celle d’un audit sur les années fortement agitées de la gouvernance de Mohamed Ould Abdel Aziz, sur la base de nombreuses allégations de faits présumés de prévarication et d'aliénation de biens nationaux, évoqués par la presse et l’opposition? 

Le nouveau président de la République Islamique de Mauritanie sait bien qu'il doit à son prédécesseur, en grande partie, son accession au pouvoir.

Par notre correspondant à Nouakchott 
Cheikh Sidya