10-08-2019 07:00 - Manuel à l’usage de la diaspora ou comment ne pas se brûler les ailes au contact du pouvoir /Pr ELY Mustapha

Écrit par Eclairage le . Publié dans Politique

Pr ELY Mustapha - C’est à la suite de l’emprisonnement du Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux relations avec la Société Civile, Mohamed Lemine ould Dadde, en 2010, que j’ai écrit ce « manuel à l’usage de la diaspora ou comment ne pas se brûler les ailes au contact du pouvoir. ». 

Nous ne reposerons donc pas les questions politico-juridico-sociales sur lesquelles se chamaillaient les acteurs de la place mauritanienne ; à savoir s’il est personnellement, ou solidairement, responsable des infractions commises à l’égard des deniers publics ou s’il n’est qu’un « bouc émissaire » dans une gestion d’un service public à la tête duquel il a été nommé. 

Quelles leçons en tirer ? Et plus précisément quelles leçons en tirer pour la Diaspora mauritanienne à l’étranger ? Notamment celle qui pense retourner au pays et sans doute occuper de hautes responsabilités ?

En effet, malgré notre méconnaissance de Ould Dadde, une chose est certaine, il a fait longtemps partie d’une diaspora et non pas des moindres. Une diaspora militante et engagée. Une organisation expatriée dans laquelle il a occupé des responsabilités clef, jusqu’au jour où il décida de la quitter pour occuper le poste de Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux relations avec la Société Civile

Ce qui est arrivé au personnage sous Aziz, malgré son amertume, est cependant riche d’enseignements pour toute la Diaspora mauritanienne. Aussi au vu de ce qui arrive et tenant compte du cheminement pris par les évènements, nous nous devons de faire les constats suivants. En somme, un petit vadémécum à l’usage de la diaspora mauritanienne. 

I- Ne jamais soutenir un coup d’Etat : La violence n’engendre que la violence 

Ceux qui font des coups d’Etat, le savent. Ils ne sont adeptes que de la force. Même si le bastion qu’ils ont pris légalise leur situation à la tête de l’Etat qu’ils ont violenté, ils restent toujours des putschistes et leurs comportements ne changent pas. Chasser le naturel, il revient au galop. 

Dans cette perspective, l’intellectuel, ou celui qui se définit comme tel, ne peut en aucune façon entériner l’assujettissement des nations par la force. Il n’y a point de place pour l’intellect là où se développe la pensée unique. Et lorsque l’intellectuel, par une volte-face que seule sa conscience (que nous ne jugeons pas) lui dicte, il rejoint le camp de la violence institutionnelle, alors il se brûle les ailes. Car à chaque envol son élan se brise. Et sa chute est assurée. 

Car qu’est-ce qui justifie la présence d’une pensée libre, ou se voulant comme telle, dans un environnement autoritaire ? Qu’y cherche-t-elle ? 

On ne doit soutenir que ce qui est soutenable. L’édifice des coups d’Etat, même légalisés, est en perpétuel effondrement. Et ne se préoccupant que de sa propre survie, sacrifiera autant qu’il le pourra ceux qui, en pensant le rejoindre par « conviction », ne sont en fait que des candidats à l’éviction.

Une éviction qui sera d’autant plus brutale que le régime voulant toujours prouver quelque chose (lutte contre la corruption, contre la pauvreté etc.) fera qu’elle soit la plus douloureuse. Le régime en tire ainsi, au détriment du « sacrifié », quelques jetons de satisfecit auprès d’une masse populaire incrédule pour entretenir sa survie.

Ceux qui arrivent par des coups d’Etat, étaient déjà, au commencement de leurs actes contre l’Etat, prêts à sacrifier des vies humaines pour se saisir du pouvoir. Ils continueront à avoir cette mentalité bien après qu’ils aient pris le pouvoir et qu’ils s’y soient légalisés. Ils utiliseront la même politique. Ils ne lâcheront pas ce qu’ils ont saisi par la force et surtout quand ils savent que le paysage humain mauritanien regorge d’individus malléables et corvéables à merci. 

Prêts à saisir la moindre opportunité pour « une fiche budgétaire ». A fortiori devenir « haut commis de l’Etat. » Ould Dadde, était-il, de par son cursus personnel, intégrable dans ce « paysage humain » ?

Il semblerait qu’il n’était ni en Mauritanie, ni dans les rouages du pouvoir. Il faisait partie d’une diaspora mauritanienne en France qui, a priori, n’avait pas d’accointances avec les putschistes. Une diaspora qui regroupe une importante élite mauritanienne, dont certains membres et groupes avaient rationnellement réagi aux différents coups d’Etat en Mauritanie, soit dans une neutralité soit dans une dénonciation manifeste. Mais le ralliement public et l’engagement personnel notoire aux faiseurs de coups d’Etat, sont exceptionnels de la part d’un militant engagé, à travers son organisation, dans le dialogue, la non-violence et les droits de l’homme.

Qu’advient-il d’un intellectuel qui rejoint un régime putschiste ? Ce qui advient aujourd’hui est une réponse à cela.

Car ce que cet intellectuel ne sait pas c’est qu’il a mis les pieds dans un environnement qui ne peut en aucun cas être le sien. Dans lequel il ne sera jamais vu comme il aimerait qu’on le voit, mais sera l’instrument d’un régime qu’il n’a participé ni à établir, ni à orienter, ni même influencé par ses propres principes, ses idées ou sa façon de concevoir le monde. 

Et cela aucun intellectuel, que dis-je, aucune personne éprise de droit et de liberté ne devrait l’accepter. C’est en effet enfermer son esprit et sa raison dans la cage du pouvoir en contrepartie d’une visibilité publique qui n’est en fait que l’antichambre d’une pénombre de cachot. C’est en soi un sacrifice dont on aurait pu se passer.

Et l’intellectuel passant dans cette antichambre se rendant compte du tort qu’on lui a fait et de celui qu’il a fait à sa conscience, il se met à s’en vouloir et grever de famine pour qu’on lui rende justice. Mais comme le disait, autrefois, Anatole France : « On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels » …En Mauritanie, aujourd’hui, un intellectuel ne doit pas mourir pour des putschistes.

II- Des hautes responsabilités et de leurs conditions

Depuis plus d’une trentaine d’années les sphères politique, économique, administrative et sociale mauritaniennes se sont gangrenées. Elles ont donné naissance à un foisonnement d’individus sans scrupules occupant toutes ces sphères et qui en ont fait leur terrain privilégié où ils exercent, en toute impunité, leurs actes de détournements de malversation et d’accaparation générale des biens publics.

C’est un réseau d’individus qui opère à tous les échelons de l’Etat aussi bien dans la gestion des ressources publiques que dans les rapports de ces gestionnaires avec les lobbies commerçants et banquiers en Mauritanie.

Ils ont développé, les techniques de corruptions passive et active, de fraude, de détournement, de malversation, de concussion, de trafic d’influence à tous les échelons de l’Etat. Ils savent utiliser les circuits politiques, administratifs, économiques, financiers et comptables pour arriver à leurs fins.

Circuits qu’ils ont montés, soudoyé ou acquis par les moyens dont ils disposent et qui leurs servent de relais à tous les niveaux pour détourner, falsifier, transférer, dissimuler et se couvrir. 

C’est dans cette « soupe » là que Ould Dadde est tombé. Et pas n’importe où. Dans un département par où transitent des moyens financiers et matériels importants et qui, bien avant lui, était la boite à Pandore où gesticulaient des commerçants véreux, des banquiers sans scrupules et une multitude de « fournisseurs », de « transitaires », de « bénéficiaires », « d’intermédiaires », qui formaient la chaine jusqu’au supposé destinataire, mais qui n’était que le justificatif officiel de la « machine à détournement »: le pauvre.

Etre nommé à un tel emploi, comme d’ailleurs tous les emplois faisant intervenir des ressources publiques en Mauritanie, demande plusieurs conditions à mettre rapidement en place. 

1) Faire une cartographie (« mapping ») rapide de l’institution à diriger 

D’abord « ne pas être tombé de la dernière pluie », et surtout ne pas être fraichement débarqué dans le poste. Les milieux affairistes mauritaniens se saisissent très vite du « novice » et le mettent dans des « conditions idéales » pour s’en servir afin d’atteindre leur but. L’embobinement est une spécialité mauritanienne.

Dès sa prise de fonction, le titulaire n’y verra que du feu. La dissimulation des faits, des documents et du background de chaque collaborateur sera de rigueur. Tout sera fait pour faire paraître au novice qu’il est « tombé dans le meilleur des mondes possibles ».

Qu’il sera l’Alpha et l’Omega de tout et que ses collaborateurs sont fidèles à l’infini. L’image qui lui sera renvoyée, d’un soutien généralisé à sa personne et à sa mission, sera telle qu’il se glissera dans une confiance proche de l’endormissement. 

Il signera sans prêter attention, il accordera la confiance sans se poser des questions, il acceptera ce qui lui est proposé par ses collaborateurs, il n’ira jamais vérifier ce qui se fait dans l’étage en dessous de lui, il évitera de poser des questions gênantes pour ne pas irriter un tel (ami d’un tel, frère d’un tel, cousin d’un tel, comptable de son service). Bref, il aura été mis au formol d’une mafia à visage humain. 

Aussi avant d’accepter toute fonction, son titulaire doit bien connaître l’organisation ou le service qui lui est confié, son historique, les ressources humaines, l’environnement public et privé, les réseaux internes de gestion et leur interaction avec l’extérieur (« fournisseurs », commerçants, banques, personnes physiques et personnes morales, personnes publiques et privées). En somme, faire une cartographie de l’institution à diriger pour une « visibilité » optimale de son environnement interne et externe.

Dans cette démarche de cartographie, utiliser toute l’instrumentation formelle et informelle que la culture mauritanienne a mis à disposition. En effet, l’approche classique et rationnelle du renseignement à propos de X ou de Y ne ressort nullement de sa fiche officielle ou administrative de service, mais de l’information croisée et vérifiée obtenue dans le milieu sociopolitique. En Mauritanie tout se colporte et tout se sait.

Pour mieux comprendre la dynamique interne d’un tel milieu et s’y préparer en conséquence lire mes articles : 

- le manuel à l’usage de ceux qui veulent s’enrichir en toute impunité 

- Le monde qui pille les ressources publiques 

2) Mettre rapidement en place un tableau de bord de gestion économique et financière 

Les financiers vous diront que c’est une erreur, pouvant être fatale, lorsqu’on prend en charge une organisation publique ou privée sans connaitre à l’instant « T » (c’est-à-dire le moment où on prend ses fonctions) ses engagements économiques et financiers (internes et externes). 

Un aperçu est généralement obtenu par le nouveau titulaire du poste lors de la passation de service, mais ce n’est parfois que la « vision » de son prédécesseur de sa propre gestion. On comprend donc la part de subjectivité de telles informations. 

En Mauritanie, outre que la passation de service est une formalité qui est vide de contenu, surtout quand il s’agit de postes politiques, elle peut cependant être lourde de conséquence. 

Aussi, le nommé à ce poste se doit d’affuter lui-même ses propres moyens de vérification de l’état physique (inventaire matériel et immatériel, état des stocks, effectifs du personnel permanent contractuel, en cessation d’activité, en disponibilité et en congé) et financier des lieux (snapshot du budget de l’entité, état préliminaire des engagements et des charges et autres encours financiers, fonds de roulement à la date d’entrée en fonction et un état des pièces et valeurs en caisse). 

Un tableau de bord, avec indicateurs des ressources et des charges sur la période budgétaire et comptabilité matière et financière à l’appui présentant les différents postes en mouvement (débit et crédit) pour ledit établissement.

A titre d’exemple lire ici ce que nous avions écrit à propos de la comptabilité des postes diplomatiques et consulaires 

Ce tableau de bord établi, charger une personne de confiance (de préférence, personne morale indépendante et n’appartenant pas à l’établissement) de l’alimenter en permanence par les informations fournies par les services de gestion économique, financière et comptable de l’entité gérée et de dégager les « alertes » nécessaires à la prise de décision. 

Toutefois, en Mauritanie et pour les raisons citées plus haut (falsification, connivence etc.) : le principe de rigueur doit toujours être : Vérification sur pièce (budgétaire, financière et comptable) sur place (remise de la chose achetée ou acquise) et sur la réalité de l’opération (nature en qualité et en quantité de la chose achetée ou acquise).

Pour cela le tableau de bord doit indiquer les flux physiques et financiers entrants, les flux physiques et financiers sortants sur la période de gestion considérée en s’appuyant sur le triangle : Inventaire-comptabilité-banque. (Etat des stock-reprise comptable-Etat des finances). 

Pour bien utiliser ces instruments, le responsable de l’entité se doit de se familiariser avec les techniques de gestion financières et comptables, publiques et privées. Cela demande un savoir qui peut être acquis au préalable sinon avec l’expérience de gestion. 

Mais dans tous les cas, savoir lire des états financiers et comptables, les recouper avec des mouvements bancaires, budgétaires et de trésorerie, lire un bilan de fin d’exercice et tirer des conclusions d’un simple bordereau mensuel de comptabilité sont des fondements préalables à la direction d’une entité publique ou privée. Dans tous les cas essayer de s’adjoindre des compétences du secteur privé (bureau d’experts) ou public (experts reconnus) pour mieux surveiller la gestion de l’entité dirigée.

III- Naviguer entre deux eaux : gérer les impondérables

Comme cela a été dit : « si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » et il est davantage plus corrompant lorsque celui qui l’acquiert n’a ni les moyens ni l’expérience, ni le savoir du microcosme politique dominant. Il est à ce moment-là pris dans la tourmente du pouvoir. 

En Mauritanie, une constante n’échappe à personne : la nomination aux postes publics, notamment les « hauts commis de l’Etat », est dictée d’abord et davantage par « une reconnaissance » du pouvoir en place (pour un soutien quelconque à un moment donné de son avènement), elle est, ensuite, matérialisée par la volonté du nommant d’instrumentaliser le nommé.

Aucun ministre ne pourra certifier qu’il a été nommé pour ses compétences, mais d’abord parce que le pouvoir l’a agréé pour une raison ou pour une autre. Et cette raison est toujours l’adhésion directe ou indirecte au pouvoir en place. 

C’est la raison pour laquelle, tout nommé sait qu’il “doit quelque chose” au pouvoir politique et il ne lui échappe pas que cette nomination n’est autre qu’un lien de servitude, non pas à la nation (comme cela est dans les démocraties) mais à celui qui l’a nommé.

Cette allégeance directe à un personnage, souvent titulaire d’un pouvoir qu’il a acquis par la force et qu’il distribue au gré de ses ouailles consentantes et souvent applaudissantes, entraine deux effets contradictoires que le titulaire du poste se doit de gérer sur le « fil du rasoir » : 

- Etant nommé par le « chef » lui-même, il ne peut rien refuser au chef et à ses émissaires non plus. 

- Etant nommé pour gérer une institution, il se doit de la diriger suivant les règles de bonne gestion et en dehors de toute ingérence.

Le « nommé » est donc dans un état de servitude avec la responsabilité d’un libre-arbitre. Comment dans ces conditions peut-il allier ce « statut » politiquement servile dû à la nature du régime et cette responsabilité civile, commerciale et pénale du gestionnaire des biens publics ? C’est là en effet, tout le hic. Ould Dadde n’a certainement pas échappé à ce dilemme. C’est la façon avec laquelle il l’a géré qui a certainement eu les conséquences que l’on sait. 

Face à cette situation les « nommés » aux postes de responsabilité adoptent différentes attitudes dont chacune a ses conséquences. Les voici :

- Ceux qui se « refugient » dans leur statut politique, s’occupant tout au long de leur présence dans le poste, de leur environnement politique et laissent la gestion aux cadres de l’entité. L’entité n’est qu’un tremplin, un moyen de leur ambition politique. Ceux-là ont deux types de destinées. La première, s’ils ont un poids politique très important finissent par « grimper » ailleurs, laissant l’entité dans le désastre, mais couverts, impunis, ils continuent leur carrière autrement. 

La seconde, s’ils n’ont pas de poids politique que relatif (ou conjoncturel), ils sont très vite rattrapés par leur « mauvaise gestion » et finissent en prison pour servir d’exemple de la politique que l’Etat s’est définie (exemple lutte contre la corruption). Mohamed Lemine Ould Dadde fait probablement partie de la seconde catégorie.

- Ceux qui se mettent carrément à piller l’institution (ou le projet) qui leur est confié en utilisant tout l’environnement malsain et le réseau mafieux en place. Ceux-là ont deux types de destinées. La première : ils ne sont pas inquiétés. Ils font partie du système et couverts par leur réseau et ils monnayent toute volonté influente de les punir (magistrats, fisc, contrôleurs, inspecteurs etc.). 

La seconde destinée : Ils sont l’objet d’un excès de zèle du pouvoir (toujours au nom de la justification de sa politique) et sont traduits en justice. Souvent, il faut le dire, leur parcours « carcéral » ne dépasse pas la détention préventive et se retrouvent très vite en liberté car tout se monnaye. Et ils ont les moyens de leur liberté.

On voit donc que le dilemme n’est pas en lui-même une gageure et que ceux qui s’y prennent sont forcément sous les feux du pouvoir.

Comment alors Med Lemine ould Dadde s’est retrouvé dans cette situation ? 

Certains disent qu’il ne prêtait pas beaucoup attention à la gestion du commissariat et qu’il la laissait à l’interne. Aussi la « mafia » en aurait profité pour se “sucrer” sur les engagements économiques et financiers de l’entité. D’où les détournements, malversations et autres fraudes signalés à propos de l’affaire.

D’autres disent que s’il y a de cela, il reste que ould Dadde aurait, aussi, remis périodiquement d’importantes sommes d’argent à une personne sénatrice proche de ould Abdelaziz et qui les aurait requises au nom de ce dernier.

Mais dans l’une ou l’autre de ces situations (ou les deux à la fois), Ould Dadde est bien tombé dans les travers du système.

Ce qui prouve bien que la gestion des entités publiques ne peut se faire que par des personnes averties du milieu sociopolitique et économique mauritanien, capables de mettre en œuvre les moyens techniques et humains pour se prémunir contre la gestion frauduleuse interne. 

En somme, naviguer entre deux eaux dominées par deux courants contraires. Le courant montant des impératifs de la gestion saine de l’entité dirigée et le courant descendant du trafic d’influence que le pouvoir-nommant ne manquera pas d’exercer. 

En conclusion:

Ce petit vadémécum n’a pas pour ambition de se servir de l’exemple d’un personnage pour le dénoncer mais tout au contraire de s’en servir pour que d’autres « ould Dadde » ne tombent pas dans le piège du pouvoir. On sait qu’il y’en a potentiellement beaucoup qui comme Ould Dadde aimeraient bien rentrer au pays, exercer une fonction , participer à son développement. 

Certains, comme Ould Dadde, pourraient le faire au détriment de beaucoup de paramètres que nous n’avons pas à juger mais d’ores et déjà ce qui advint au personnage n’aura pas servi à rien. Mais à nous éclairer sur l’antinomie entre le libre intellect et la brûlante flamme du pouvoir. 

Et si face à cette volonté continuelle du pouvoir d’utiliser les intellectuels pour ses ambitions, la jurisprudence qui vaudra (pour nous autres de la diaspora) ne sera pas celle de la justice mauritanienne, mais celle des leçons à tirer de l’aventure d’un membre de la diaspora dans les cimes du pouvoir. Dont acte.

Pr ELY Mustapha