08-08-2019 10:12 - ADIEU A LA SECURITE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE

Écrit par Eclairage le . Publié dans Politique

Ce sujet est vaste par l’ampleur de l’aridité, son austérité, mais aussi par l’amplitude des vastes surfaces stériles qu’il occupe, et les populations qu’il préoccupe.

Ce contexte pourrait être défini comme étant la rupture d’un équilibre entre le milieu et son mode d’exploitation. Cette rupture fait que le potentiel de production tend vers la stérilité.

En effet, jamais dans l’histoire, la Mauritanie, bien que pays au ¾ désertique n’a connu une baisse pluviométrique aussi importante que cette année-là.

Pis encore, cette rupture de l’alimentation en eau est pratiquement un phénomène quasi-général dans la sous région.

Le danger est encore plus grand quant on s’est que notre pays dépend étroitement des pays voisin pour son ravitaillement en nourriture et en pâturage.  Ces pays le Mali et le Sénégal sont aussi affectés par cette crise pluviométrique.

En outre, peu de gouttes sont tombées par ci et par là, mais n’ont pas pu humidifier les terres assoiffées et devenues totalement impropres à toute pratique Agro-Sylvo-Pastorale.

A titre d’illustration, les cinq Moughataas du pays (Barkewol, Kankossa, Mbout, Ould Yengé et Selibaby) les  plus touchées par la pauvreté, la malnutrition…,  n’ont enregistré que peu de précipitation depuis le début de l’hivernage et on est dans le mois d’aout ou les pluies normalement battent leur plein. Mais jusque-là, le ciel n’a pas encore fécondé la terre. Ce qui est inhabituel. Le pire, c’est que les premiers semis se sont complètement asséchés, faute d’eau.  

Il est évident que ce déficit aura des effets pervers sur l’épuisement précoce des nappes phréatiques et accéléra la dégradation du couvert végétal. De surcroît, force est de remarquer que le cheptel  venu de tous les coins du pays se concentre actuellement sur la bande frontalière avec le Mali, ceci  depuis plusieurs mois déjà.

Le cheptel animalier est pratiquement décimé, partout c’est des carcasses qui peuplent les sols arides et qui risquent d’entrainer des maladies. Non seulement il joue un rôle de premier plan pour les revenus des ménages les plus pauvres et constitue l’unique et le principal moyen de survie.

 

L’ampleur de la gravité de la situation suscite de grandes questions sur la conservation de la végétation. C’est ainsi, que les bergers désespérés s’attaquent aux végétaux, pour la nourriture du bétail dont on peut compter les cotes. Les arbres sont devenus nains, à force de les abattre. On assiste à une décimation du patrimoine végétal.  

La situation est encore pire quand on sait déjà à cause des coupes abusives, les arbres ne fluctueront pas et cela aura des impacts sérieux sur les populations dont l’économie est basée sur la cueillette.

Ce contexte socio-économique à la fois défavorable aux Agriculteurs, aux Eleveurs, aux Cueilleurs et aux Pécheurs demande une étude systématique de la productivité Agro-Sylvo-Pastorale et des circuits de nomadisation ou de transhumance, remodelés par le déficit des précipitations.

Ce contexte déplorable et effrayant aura sans aucun doute des sérieuses répercussions sur la Sécurité Alimentaire, Nutritionnelle  et Environnementale.

Aux abords des villages, dans la brousse, la nature devient de plus en plus hostile. Toute vie humaine s’organisant autour d’un point d’eau, dès que la pluviométrie baisse et que la température monte, le phénomène s’accentue. Cela se traduit pour notre pays qui subit depuis plusieurs décennies, les effets d’un déficit pluviométrique marqué, dont les conséquences sur les moyens d’existence de nos populations entraineront des désastres si des mesures ne sont pas prises pendant qu’il est encore temps. A quand décidera-t-on donc de sonner l’alerte rouge? Alors, pourquoi un tel silence si pesant chez les décideurs politiques et les acteurs de développement ?

En guise de rappel, l’atteinte de l’objectif de développement durable n°2 fait partie des priorités inscrites dans lagenda 2030 des Nations Unies et celles de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP2016-2030 et ses leviers 1 et 2).

 

La volonté politique devra donc se traduire dans les faits à travers un engagement durable et inclusif. Le Gouvernement doit s’atteler à  lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition, conformément aux recommandations de la revue Faim Zéro qui est le résultat d’un long processus  de concertation entre le Gouvernement, la Société Civile et les partenaires au développement.

                                                               Sidi TRAORE

                        Groupe Journalistes de Développement